Retraités heureux : comment cultiver le bonheur à la retraite

60 % des retraités déclarent aujourd’hui se sentir plus heureux que lorsqu’ils travaillaient. Voilà un chiffre qui bouscule d’emblée les idées reçues sur l’après-vie active. Selon une enquête de la DREES menée en 2023, ce bien-être affiché ne tient pas tant à la taille du portefeuille qu’à la sensation d’utilité et à la capacité d’inventer de nouvelles routines. À la retraite, le bonheur se construit, bravant certains préjugés qui voudraient que l’épanouissement se mesure uniquement à l’aune du revenu.

Ce que révèlent les études sur le bonheur à la retraite

Le passage à la retraite n’est jamais anodin. Qu’on l’attende ou qu’on la redoute, cette transition bouleverse les repères. Du jour au lendemain, l’agenda s’allège mais l’équilibre émotionnel, lui, demande à être revisité. Les spécialistes Jeannette Lalonde et Mary Morency insistent : réussir ce virage passe par une vraie adaptation, tant dans la tête que dans l’organisation de ses journées. Une nouvelle identité se dessine, et la place que tenait le métier doit être repensée pour éviter qu’un sentiment de vide ne s’installe.

Les chiffres de l’étude IFOP sont clairs : le lien social devance tout le reste dans la quête du bonheur des retraités français. Entretenir des liens étroits avec les proches, s’investir dans une association, rejoindre un club, voilà ce qui soutient le moral et tient l’isolement à distance. Autre point fort : la pratique régulière d’activités physiques. Marcher, nager, jardiner… chaque effort compte pour préserver sa forme, mais aussi pour alléger l’esprit.

La santé mentale et la santé physique avancent main dans la main. Selon la psychologue Sonja Lyubomirsky, près de la moitié de notre bonheur découle directement de ce que nous faisons et de notre manière de penser. Exit l’idée que la joie tomberait du ciel une fois la vie professionnelle derrière soi : il s’agit bien d’un processus actif, nourri par des choix quotidiens. Le profil de disposition à la retraite conçu par Richard P. Johnson aide d’ailleurs à repérer les ressources et les points d’appui propres à chacun.

Pour y voir plus clair, voici les axes qui se dégagent des recherches :

  • Transition : s’adapter émotionnellement et réorganiser ses repères.
  • Lien social : facteur numéro un du bien-être, tous sondages confondus.
  • Activité physique : gage d’une meilleure santé globale et d’un moral solide.
  • Actions et pensées : 40 % du bonheur dépend de notre implication personnelle, d’après Lyubomirsky.

Quels choix font la différence après 60 ans ?

Franchir le seuil des 60 ans, c’est parfois comme ouvrir la porte sur une pièce baignée d’une lumière nouvelle. Certains gestes, souvent jugés secondaires, deviennent centraux pour dessiner un quotidien qui a du relief. La gratitude, par exemple, n’est pas qu’un mot à la mode : elle agit comme un levier puissant sur l’équilibre mental. Prendre l’habitude de remercier, de savourer un compliment, de noter un détail agréable, stimule la dopamine et la sérotonine. Le stress s’apaise, le sommeil s’améliore.

Impossible de passer à côté de l’activité physique. Pas besoin d’enchaîner les marathons : marcher, danser, jardiner, ou simplement s’étirer chaque matin, tout cela entretient la forme, repousse la fatigue et favorise la clarté d’esprit. Les bénéfices se font sentir sur le moral comme sur le corps.

Autre pilier : les relations sociales. À travers l’engagement dans une association, le bénévolat, ou tout simplement en partageant régulièrement du temps avec des amis ou la famille, on nourrit le sentiment d’utilité. Donner, transmettre, participer : chaque action crée du lien et du sens.

La curiosité, elle aussi, mérite d’être cultivée sans retenue. Apprendre une langue, se lancer dans la peinture, s’initier à l’informatique : chaque découverte réveille l’esprit et entretient une dynamique positive. Savoir s’accorder du repos, respecter son propre rythme, voilà aussi une forme d’intelligence qui évite l’épuisement et favorise l’harmonie. Les loisirs, la famille, les amis ajoutent chacun leur touche de couleur à ce tableau. Adapter ces choix à ses envies et à ses besoins, c’est ouvrir la voie à une retraite active et réjouissante.

Petites habitudes, grands effets : conseils concrets pour s’épanouir au quotidien

Quelques routines bien choisies peuvent transformer une journée ordinaire en source d’équilibre. Les résultats de l’enquête IFOP le rappellent : le lien social reste le socle du bien-être. Prendre le temps d’échanger, participer à la vie d’un club, offrir un coup de main lors d’un événement associatif, chaque occasion de créer du lien compte.

L’activité physique ne se résume pas à la salle de sport. Une marche à pas tranquilles, quelques exercices chez soi, un peu de jardinage… Ces gestes quotidiens entretiennent l’autonomie et stimulent la production d’endorphines, ces molécules qui invitent à la bonne humeur. Les études confirment que bouger régulièrement protège la santé physique, mais aussi l’équilibre psychique.

La gratitude s’invite aussi dans la boîte à outils du bonheur. Tenir un carnet où l’on inscrit chaque soir trois bonnes choses de la journée, remercier pour un service, apprécier un moment partagé : ces simples habitudes ont un effet direct sur la réduction du stress et la qualité du sommeil. Sonja Lyubomirsky le rappelle : nos actions et notre état d’esprit pèsent lourd dans la balance du bonheur.

Pour aller plus loin, voici quelques pratiques qui font la différence :

  • Entretenez la curiosité : lisez, découvrez, osez de nouveaux loisirs pour stimuler l’esprit.
  • Privilégiez l’équilibre : alternez moments d’activité et pauses régénérantes.
  • Renforcez les liens familiaux et amicaux : cultivez les échanges et créez des souvenirs.

Réinventer son identité après la carrière professionnelle passe par l’exploration de nouveaux centres d’intérêt et l’investissement dans des projets collectifs. Le bénévolat, les voyages, la découverte de nouveaux domaines, ou tout simplement le plaisir d’être bien entouré, contribuent à façonner une retraite dynamique et créative.

Femme âgée jardinant dans son jardin fleuri

Témoignages inspirants : ils racontent leur recette du bonheur à la retraite

Écouter les retraités, c’est découvrir des trajectoires contrastées, pleines de nuances. Sophie Muffang, consultante, met en avant la nécessité d’anticiper, de s’approprier la transition. Pour elle, prendre le temps de réfléchir à ses envies et à ses besoins avant de quitter le monde du travail ouvre la voie à une nouvelle dynamique. Cette introspection éclaire les choix et ancre la retraite dans la réalité.

Les analyses de Jeannette Lalonde et Mary Morency insistent sur l’importance de l’adaptabilité et de la recherche d’équilibre. Jean, 68 ans, raconte comment s’impliquer dans un projet de groupe l’a aidé à retrouver un nouvel élan. Retrouver une passion, s’engager dans le bénévolat, toutes ces expériences redonnent du sens et de l’énergie.

Monique, 72 ans, mise sur la curiosité et le plaisir d’apprendre. Elle a décidé de suivre des cours d’histoire de l’art, et observe que cette soif de découverte maintient son esprit en éveil. Les recherches de Sonja Lyubomirsky le confirment : une grande part du bonheur dépend des initiatives que l’on prend et de la façon dont on aborde les choses.

Voici, résumés, les ressorts évoqués par ceux qui vivent une retraite accomplie :

  • Anticiper la transition
  • Entretenir les liens sociaux
  • S’ouvrir à de nouveaux centres d’intérêt

Le modèle proposé par Richard P. Johnson, spécialiste américain de l’accompagnement à la retraite, aide d’ailleurs à personnaliser sa démarche. Mais si les recettes varient, un point reste certain : le bonheur se façonne au fil des expériences, des choix et des rencontres. Libre à chacun de tracer sa route, tant que le cœur y trouve son compte.

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