jeudi, juin 23

Est-ce rentable de racheter des trimestres ?

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En France, nous avons un système de retraite par répartition : les travailleurs d’aujourd’hui contribuent aux retraités d’aujourd’hui. Le calcul de notre future pension est un exercice difficile (« usine à gaz » que nous allons expliquer) . Et ce sera une estimation approximative (surtout si vous êtes loin de la retraite) mais cela vous donnera une idée : avec quelle sauce allons-nous manger ? Nous pouvons déjà estimer ce que nous devrions recevoir à la retraite. Sachant qu’il s’agira de projections optimistes basées sur les règles actuelles, mais qu’elles seront sûrement planifiées dans le futur (plus de trimestres de contributions nécessaires, âge de départ reporté, etc.) Dans le même temps, nous évaluerons la rentabilité d’un rachat de trimestres (opportunité « offerte » par le législateur).

Les derniers rapports du Retirement Guidance Council (COR) font état de projections démographiques très préoccupantes. En effet, le ratio retraités/actifs continuera de se détériorer rapidement : d’ici 2040, nous passera rapidement de 0,4 retraité pour une personne active à 0,7 retraité par personne active. Et les projections les plus pessimistes montrent un ratio presque égal à 1 en 2070, de sorte que chaque actif devrait payer un retraité pour financer ! Ainsi, le système de pension par répartition à la française conçu par les baby-boomers était valable pour eux (beaucoup de personnes actives pour peu de retraités) mais semble essoufflé. Et au bout d’un moment, il n’est plus possible d’augmenter les cotisations (le niveau des cotisations a déjà considérablement augmenté au cours des dernières décennies et le niveau de vie de la population active est déjà inférieur à celui des retraités)

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En faisant preuve de pragmatisme, nous sommes obligés de construire notre propre pension capitalisée . Et c’est d’ailleurs l’objectif du plan d’épargne-retraite (PER) lancé par la loi PACTE en 2019. Ainsi, les pouvoirs publics sont bien conscients du problème et encouragent de plus en plus les Français à préparer leur retraite (comment vous préparez votre retraite ?).

Notre article vise à expliquer le fonctionnement du calcul des pensions avec ses paramètres. Pour mieux projeter, anticiper… et évaluer s’il est rentable d’investir dans l’achat de trimestres. Notre article sera illustré par un cas pratique  : calculer la rente de retraite de mon père (avec des chiffres fictifs), puis estimer la rentabilité d’un rachat trimestriel. Notons que nous prenons l’exemple du cas le plus courant (retraite des salariés privés), mais de nombreux régimes se sont alignés et les mécanismes sont identiques. Ainsi, la retraite des T.N.-O. (travailleurs autonomes) est calculée selon la même formule que les employés du secteur privé (sauf pour les professions libérales qui n’ont qu’un système par point).

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Les grands principes du système de retraite français

3 régimes de retraite s’additionnent , avec une quarantaine de fonds de pension qui gèrent nos droits :

  • pension de base : basée sur les cotisations déduites de votre feuille de salaire (Caisse nationale d’assurance vieillesse CNAV, CNRACL, MSA, RSI, CNAVPL) ;
  • pension complémentaire : basée sur les points acquis au cours de votre carrière (ARRCO, AGIRC, Ircantec, RAFP, RSI, etc.);
  • pension supplémentaire : retraite capitalisée, avec des investissements tels que le Retirement Savings Plan (PER).

Par exemple, la pension des employés du secteur privé comprend la pension de base gérée par la CNAV et la pension complémentaire gérée par l’AGIRC-ARRCO . Au cours de votre vie, vous contribuez à plusieurs plans gérés par plusieurs fonds différents… et tous d’autant plus en cas de changement de carrière.

Lorsque nous travaillons, nous contribuons donc à une pension de base une pension complémentaire = pension par répartition (c’est le but de notre article). Et nous pouvons améliorer notre sort en épargnant votre choix dans différents produits d’épargne (« plan complémentaire » = retraite capitalisée, ce qui est l’objectif de l’ensemble de notre site, voir notamment notre article Investir et investir pour la retraite).

Plus loin, nous verrons comment calculer la pension de base, et comment calculer la pension complémentaire.

Validation des trimestres

L’âge légal (minimum) de la retraite : 62 ans pour les générations nées le 1er janvier 1955 ou après.

Le plein tarif est de 50 % . C’est un peu étrange, mais c’est comme ça !

Pour atteindre le plein taux de 50 %, vous devez valider un certain nombre de trimestres. Sinon, nous bénéficions d’une réduction (explications plus tard). Pour les générations les plus anciennes, il faut « seulement » 150 trimestres validés pour obtenir le plein tarif. Pour les nouvelles générations, 172 trimestres doivent être validés. Sinon, vous atteignez automatiquement le plein tarif à 67 ans même sans avoir validé tous les trimestres requis.

Pour valider 1 trimestre de retraite , vous devez percevoir un salaire brut trimestriel de 1 538€ minimum (l’équivalent de 150 SMIC horaire). Et 6 150€ pour valider 1 an, même si ce n’est que sur 2 mois. (chiffres 2021).

Il s’agit du nombre de trimestres validés, c’est-à-dire contribués et/ou assimilés . Ainsi, nous obtenons des trimestres équivalents dans plusieurs cas : service militaire, chômage, maladie, invalidité, 8 trimestres par enfant pour la mère (peut être remis au conjoint), etc.

Quelles contributions ?

Les cotisations de retraite (régime de base plus régime supplémentaire) sont réparties entre une part de l’employeur et un part des employés. Comme souvent, les contributions n’ont fait qu’augmenter au fil du temps. Ainsi, en l’espace de 50 ans, nous sommes passés d’un total de 8 % à 18 % des fiches de paie .

Vous pensez donc que les nouvelles générations (qui contribuent davantage) auront une meilleure pension de retraite que leurs aînés ? Malheureusement, il a pris un mauvais départ… les calculs qui suivent vont l’illustrer.

Le principe de la coupe de cheveux

Si vous n’avez pas validé suffisamment de conditions, vous bénéficiez d’une réduction. Dans le calcul de la pension de retraite de base (explications ci-dessous), il s’agit d’une décote de 0,625 % par trimestre manquant, contre le taux plein de 50 %. Avec un maximum de 20 trimestres de décote , soit 12,50 % (20 x 0,625 %), donc un taux de pension de 37,50 % au pire (taux plein à 50% — 12,50 % de décote).

Notez qu’à l’inverse, vous gagnez 1,25 % de plus par trimestre supplémentaire cotisé. Par exemple, pour 4 trimestres supplémentaires, cela donne 5% plus : pension = x € x 50 % x 1,05.

Vous bénéficiez du plein tarif (50 %) automatiquement à 67 ans , même si vous n’avez pas validé suffisamment de trimestres. Certains travailleurs choisissent donc de prendre leur retraite à 67 ans, afin d’obtenir le plein taux de 50 % même sans avoir atteint le nombre de trimestres requis.

Documents qui nous renseignent sur nos droits à pension

Ces dernières années, les informations se sont améliorées. À partir de maintenant, nous pouvons consulter nos droits à pension sur le site Web de l’assurance pension  :

  • l’Individual Situation Statement (RIS) à partir de 35 ans : résumé de nos droits, nombre de trimestres pour la pension de base, nombre de points pour notre pension complémentaire.
  • l’Estimation Indicative globale (EIG) à partir de 55 ans : résumé de nos droits acquis auprès des différents fonds de pension et estimation du montant de notre pension de retraite. Avec une estimation de l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) ans), l’âge d’annulation de la décote (taux plein automatique à 67 ans) et pour chaque année de retraite entre le 2.

Rente de retraite de base : calcul

Comment calculez-vous notre pension de retraite de base ?

Pension CNAV = salaire annuel moyen pondéré (SAMP) des 25 meilleures années x taux de pension (de 37,50 % si décote maximale à 50 % si taux plein) x (nombre de trimestres validés/nombre de trimestres requis).

Étape 1 : Déterminer le salaire annuel moyen pondéré (SAMP)

Les salaires annuels bruts sont pondérés pour tenir compte de l’inflation (grille des coefficients de réévaluation). Et ils sont limités au plafond annuel de la sécurité sociale (PASS 2021 = 41 136€).

Nous ne comptons pas l’année de la retraite. Ni les années pour lesquelles le salaire n’est pas suffisant pour valider le trimestre. Et seuls les revenus d’activité (salaires) sont pris en compte.

Nous allons nous souvenir des 25 meilleures années, puis calculer le salaire annuel moyen. Notez que pour les fonctionnaires, le dernier salaire indice brut détenu pendant plus de 6 mois est utilisé.

Étape 2 : Déterminer le taux et le nombre de trimestres publiés

Lorsque vous avez une pension complète, cela signifie bénéficier de 50 % de votre salaire annuel moyen sur les 25 meilleures années de cotisation. Pour atteindre le plein taux (50 %), il existe 2 solutions :

  • avoir atteint 62 ans et avoir validé suffisamment de trimestres (172 trimestres pour les nouvelles générations = 43 ans) ;
  • avoir atteint 67 ans (âge du plein tarif automatique).

Calcul de la coupe de cheveux

Une réduction s’applique sur le 50%, pour les retraités qui n’ont pas validé suffisamment de trimestres (tous plans confondus) et qui souhaitent partir avant l’âge du plein tarif automatique (67 ans).

Haircut = nombre de trimestres manquants x 0,625 % (avec un maximum de 20 trimestres ou 12,50 %, soit un taux de 37,50 % au pire). Sachant que nous conservons ce qui nous est le plus favorable entre :

  • le nombre de trimestres qui nous séparent de l’âge de 67 ans (âge du plein tarif automatique) ;
  • le nombre de trimestres manquants pour atteindre le nombre de trimestres requis (172 trimestres… mais cela a changé, il était par exemple de 166 trimestres pour une personne née en 1955).

Cas pratique : mon père prend sa retraite à 63 ans et il a validé 160 mandats. Il lui manque 6 trimestres (166 trimestres nécessaires « seulement » pour sa génération… chanceux !) , soit 16 trimestres jusqu’à l’âge de 67 ans. Nous conserverons donc un escompte de 6 trimestres x 0,625 % = réduction de 3,75%. Soit un taux de 46,25 % au lieu du taux plein à 50 % . Pour ma génération, 172 trimestres sont nécessaires, donc pour 160 trimestres validés comme mon père, je manquerais 12 trimestres soit une réduction de 7,50%, soit un taux de 42,50 %.

Étape 3 : Appliquer la formule de calcul

Pension CNAV = salaire annuel moyen pondéré (SAMP) des 25 meilleures années x taux de pension (de 37,50 % si décote maximale à 50 % si taux plein) x (nombre de trimestres validés/nombre de trimestres requis).

Cas pratique : revenons à l’exemple de mon père. Supposons un salaire annuel moyen de 30 000€ avec 160 trimestres affichés sur 166. Donc sa pension de base = 30 000€ x 46,25% x 160/166 = 13 373€ par an . A titre de comparaison, pour ma génération, avec la même moyenne de 30 000€ mais 172 trimestres nécessaires au lieu de 166 : pension de base = 30 000€ x 42,50 % x 160/172 = 11 860€. Donc environ 1 500€ de pension en moins par an avec une carrière équivalente (même salaire moyen, même nombre de trimestres) de cotisations payées… et pourtant avec des cotisations plus élevées !) Mais ce n’est pas tout, il faut maintenant ajouter la pension complémentaire.

Pension de retraite complémentaire : calcul

Au cours de notre carrière, nous accumulons des points de pension complémentaire .

€ par point : la valeur du point est déterminée au moment de la liquidation de la pension. En 2021 = 1 2714€ .

Il y a eu une fusion des 2 fonds de pension des employés (AGIRC-ARRCO), qui est entrée en vigueur en 2019. Désormais, les 2 caisses fonctionnent avec un seul système par point. Vous devez donc faire la conversion : 1 point AGIRC = 0,34779154 points AGIRC-ARRCO.

Note de Nicolas  : suite à une récente réforme, il y a une réduction de 10 % de la pension complémentaire pendant 3 ans, si vous remplissez les conditions pour une retraite complète avant l’âge de 67 ans. Mais exemption de cette réduction si nous reportons notre départ de 4 trimestres. Il peut donc être plus intéressant de repartir avec un quart de moins, pour ne pas subir cette réduction !

Étape 1 : Déterminez le nombre de points gagnés

Notre déclaration de situation individuelle (RIS) nous informe du nombre de points acquis à partir de 35 ans.

Exemple : 5 600 points ARRCO 18 000 points AGIRC.

1 point AGIRC = 0,34779154 points AGIRC-ARRCO.

Donc 18 000 x 0,34779154 = 6 260 points.

Au total : 5 600 6 260 = 11 860 points.

Étape 2 : Convertissez les points en euros et appliquez la réduction

11 860 points x 1,2714€ par point = 15 078€.

Mais vous devez appliquer la décote (« coefficient de réduction ») si vous prenez votre retraite avant l’âge de 67 ans et sans avoir le nombre de trimestres requis.

Pour vulgariser, rappelez-vous qu’il manque 1 trimestre = 1 % de réduction . Donc 6 trimestres manquants = réduction de 6 % = coefficient de réduction de 0,94. (Voir les coefficients de réduction ici). Sachez que le coefficient de réduction sera au pire de 22 % s’il manque 20 trimestres ou plus.

Cas pratique : revenons à l’exemple de mon père. Avec 11 860 points gagnés et 160 trimestres validés sur 166. Donc sa pension complémentaire = 11 860 points x 1 2714€ x 0,94 (6 trimestres manquants) = 14,174€ par an . A titre de comparaison, pour ma génération avec 172 trimestres nécessaires au lieu de 166 : pension complémentaire = 11 860 points x 1 2714€ x 0,88 (12 trimestres manquants) = 13 269€. Soit environ 900€ de pension complémentaire en moins par an pour une carrière équivalente. Globalement pour mon père : pension de base pension complémentaire = 13 373 € 14 174€ = 27 547€ par an. Et pour ma génération en général : 25 129€, soit environ 2 400€ de moins par an (pour une même carrière avec le même salaire brut, avec plus de cotisations prélevées et donc moins de revenus nets pendant la vie active… donc c’est la double pénalité), sans oublier les réformes à venir… désolé de briser l’ambiance !

Rachat du trimestre de retraite : rentable ?

C’est le point culminant de cet article ! Tout ce qui précède nous permet d’avoir les clés pour comprendre le système, afin de pouvoir calculer s’il est rentable d’effectuer des rachats trimestriels. Cela intéresse particulièrement les travailleurs qui ont terminé de longues études, car il est difficile d’atteindre les 172 trimestres du taux plein après avoir été étudiant avant l’âge de 23 ou même 25 ans. Cela vaut-il la peau/le coût de rachat de quartiers arrière ? Pour une retraite incertaine ?

Sur le site Web de l’assurance pension, vous pouvez voir le coût d’achat d’un trimestre dans votre situation et nous pouvons le simuler. Au plus, vous pouvez racheter 12 trimestres de retraite.

Le coût d’un rachat d’un trimestre dépend de 3 facteurs :

  • votre âge,
  • le niveau de vos revenus,
  • l’option choisie (soit tarif uniquement, soit tarif durée).

Cas pratique : est-il rentable de racheter ses trimestres de retraite ?

Prenons l’exemple de mon père, 63 ans, né le 1er mars 1957. Mais modifions quelques paramètres (chiffres fictifs)  :

  • il a validé 157 trimestres sur 166 pour sa génération ;
  • avec un salaire annuel moyen pondéré de 36 200€ ;
  • il a acquis 4 500 points ARRCO 67 500 points AGIRC.

Il manque donc 9 trimestres à mon père pour atteindre le plein taux de 50% (ou plus de 9 trimestres s’il attend le plein taux automatique à 67 ans). Vaut-il la peine de racheter 9 trimestres ? Commençons par sa première situation actuelle, estimons sa future pension de retraite dans l’état actuel.

Calcul de votre pension de retraite de base

Coupe de cheveux = 9 trimestres x 0,625 % = 5,625 %. Autrement dit, un taux de pension de 50 — 5,625 = 44,375 %.

Pension de base = 36 200€ x 44,375 % x 157/166 = 15 192€ .

Calcul de votre pension de retraite complémentaire

Mon père a obtenu 4 500 points ARRCO 67 500 points AGIRC.

1 point AGIRC = 0,34779154 points AGIRC-ARRCO. Donc 67 500 x 0,34779154 = 23 476 points.

Au total : 4 500 23 476 = 27 976 points x 1 2714€ = 35 569€.

Il est nécessaire d’appliquer le coefficient de réduction (réduction de 9 trimestres) : 35 569 x 0,91 = 32 368€ .

Déterminer le coût du rachat trimestriel

Donc la pension de retraite annuelle globale de mon père s’il prend sa retraite à 63 ans avec 9 trimestres manquants : 15 192 € 32 368 € = 47 560 € .

À 63 ans et compte tenu de ses revenus, l’achat d’un quart de retraite coûterait :

  • Option tarifaire uniquement : 4 397€. Soit 9 x 4 397€ = 39 573€ pour racheter 9 trimestres.
  • Tarif option durée : 6 517€. Soit 9 x 6 517€ = 58 653€. (Environ 19 k€ de plus !)

Recalculer le pension de retraite en cas de rachat d’un trimestre

Choix de l’option tarifaire

Calcul de la rente de retraite si vous choisissez l’option de taux :

  • Pension de base = 36 200€ x 50 % (plein tarif) x 157/166 = 17 118€.
  • Pension complémentaire = 35 569€ x 100 % (sans escompte) = 35 569€. (Mais réduction de 10 % pendant 3 ans car le taux plein obtenu avant 67 ans… nous aurions pu choisir de ne racheter que 8 trimestres au lieu de 9 pour éviter cela).

Cela représente 52 687 € de pension de retraite globale annuelle avec l’option de taux. Comparé à 47 560€ sans l’achat de trimestres. Soit un gain de 5 127€ par an pour un coût de 39 573€. L’achat des 9 trimestres est donc rentabilisé en seulement 8 ans .

Choix de l’option tarif durée

Calcul de la rente de retraite si vous choisissez l’option taux durée :

  • Basique pension = 36 200€ x 50 % (plein tarif) x 166/166 = 18 099€.
  • Pension complémentaire = 35 569€ x 100 % (sans escompte) = 35 569€. (Comme pour l’option tarif uniquement : réduction de 10 % pendant 3 ans).

Cela représente 53 668€ de pension de retraite annuelle globale avec l’option taux durée. Comparé à 47 560€ sans l’achat de trimestres. Soit un gain de 6 108€ par an pour un coût de 58 653€. L’achat des 9 trimestres se rentabilise donc en moins de 10 ans.

Enfin, si vous pensez avoir une bonne espérance de vie, le rachat de trimestres est intéressant dans ce cas, avec un seuil de rentabilité de 8 ou 10 ans selon l’option choisie . Et plus nous vivrons longtemps, plus l’opération sera rentable. À notre avis, si le seuil de rentabilité est de 15 ans ou plus, ce n’est plus intéressant.

Exonération fiscale en cas de rachat d’un trimestre

Il doit également être pris en compte compte que l’achat de trimestres vous permet d’exonérer les impôts. Cela peut abaisser le seuil de rentabilité observé précédemment de 2 ou 3 ans. En effet, les montants versés au titre des rachats de trimestres sont déductibles du revenu imposable . Ainsi, l’exonération fiscale sera plus puissante sur les tranches d’imposition marginales (IMT) les plus élevées. Par exemple, pour un rachat de 20 000€, nous détaxons 6 000€ par tranches de 30% et seulement 2 200€ de tranche 11 %.

Dans la pratique, le paiement peut être étalé sur plusieurs années . En effet, pour moins de 8 trimestres rachetés, vous pouvez étaler le paiement sur 3 ans. Et pendant plus de 8 trimestres rachetés, vous pouvez choisir d’étaler le paiement sur 5 ans. Ainsi, pour optimiser fiscalement, il sera judicieux de payer sur plusieurs années pour pouvoir exonérer d’impôts sur votre tranche d’imposition marginale la plus élevée. Par exemple, dans la tranche de 30 %, si vous payez 50 000€ sur un an, vous n’exonérez d’impôt qu’une partie de la tranche de 30 %, une autre partie à 11 % et le dernière partie à 0 %. Nous préférerons donc l’étaler sur plusieurs années, afin d’exonérer entièrement les 50 000€ sur la tranche de 30%.

L’avis de Nicolas  : racheter des trimestres à 20, 30 ou 40 ans de la retraite coûte naturellement moins cher. Mais il est très difficile de prévoir sur une telle période, il y aura eu tant de réformes jusque-là et le risque est de racheter des trimestres pour rien. Ne serait-ce pas trop aléatoire, est-ce que le système de pension par répartition serait toujours là, serait-ce comme jeter de l’argent dans un gouffre sans fond ? Si, à 35 ans, vous décidez de racheter des quartiers pour 20 000€ afin d’en profiter 30 ans plus tard, vous devez faire confiance au système. Alors que si vous préparez votre retraite par capitalisation avec 20 000€ investis à 4% sur 30 ans (sur une bonne gestion et/ou un PER), vous obtenez près de 65 000€ de capital final. En revanche, nous avons plus de visibilité lorsque le délai de départ à la retraite est inférieur à 5 ans, pour calculer si l’opération de rachat trimestriel sera rentable ou non. Vous avez besoin d’un retour sur investissement !

Conclusion

Enfin, nous pouvons tirer plusieurs leçons  :

  • les calculs des pensions de retraite de base et complémentaires sont une belle usine à gaz. Mais nous parvenons toujours à approximer et à simuler différentes hypothèses, et les documents (RIS et EIG) fournis par l’assurance pension apportent un peu de transparence.
  • la nette détérioration par rapport à la génération des baby-boomers : environ 30 % des cotisations mais -20 % de la pension à la retraite, est la double pénalité. Et encore une fois, c’est dans le meilleur des cas, si le système de retraite se stabilise… mais les réformes à venir vont sans aucun doute creuser l’écart. Dont acte. Bonne chance aux prochaines générations !
  • il est préférable d’être pragmatique et de se préparer à une retraite financée. Gérer c’est anticiper. Par ailleurs, le lancement du PER (plan d’épargne retraite) par le gouvernement n’est pas innocent. Moins de distribution malgré des cotisations de plus en plus élevées, de sorte que les citoyens sont incités à constituer une pension par capitalisation.
  • l’achat d’un trimestre peut être financièrement intéressant a priori lorsque l’on est relativement proche de la retraite. Mais pour les plus jeunes, la décision semble risquée et très incertaine, car la pérennité du système est menacée. Vous devez effectuer une simulation sur Excel, comme expliqué dans le cas pratique ci-dessus.

Ces calculs de retraite ont été réalisés en 2021 et popularisés pour comprendre les mécanismes et la méthode de calcul des pensions de retraite. Ainsi, pour obtenir une étude fiable de votre situation, nous précisons que vous devez consulter un professionnel. Notez qu’il existe un projet de réforme des pensions : maintenir l’âge légal à 62 ans, mais l’âge pivot à 64 ans pour déterminer l’escompte ou le surcoût. Avec la fin du régime de 42 fonds de pension pour un seul système par point. Quoi qu’il en soit, il faut être pragmatique compte tenu de la démographie, l’avenir de la retraite par répartition n’est pas rose et vous devrez épargner pour votre retraite .