Une baby-sitter malade, c’est toute une organisation familiale qui vacille. Hier soir, votre téléphone sonne : la nounou ne viendra pas, terrassée par la grippe. La question n’attend pas. Comment assurer la suite quand celle qui veille sur vos enfants est clouée au lit ? Quels réflexes adopter, quels droits respecter, et surtout, que prévoit la loi pour sa rémunération pendant son absence ?
Quelles démarches suivre quand votre nounou tombe malade ?
1) Recueillir rapidement l’arrêt de travail
Dès que votre garde d’enfants vous prévient de son absence pour maladie, demandez-lui de transmettre sans délai son arrêt de travail. Ce document, transmis par son médecin, justifie son absence et conditionne toutes les démarches administratives à venir. Il vous servira à remplir le certificat de salaire destiné à la CPAM, étape incontournable pour enclencher une éventuelle indemnisation.
Pour l’accompagner dans ses démarches, il est judicieux de lui adresser la brochure de la CPAM « Vous êtes en arrêt de travail pour cause de maladie ». Vous lui éviterez ainsi des incertitudes sur ses droits et ses obligations.
2) Comprendre les règles d’indemnisation selon la durée de l’absence
Arrêt de moins de 4 jours : indemnisation limitée, sauf Covid ou cas de contact
Si votre baby-sitter s’absente trois jours ou moins (hors cas de Covid ou de contact avec une personne positive), la Sécurité sociale n’intervient pas : elle applique un délai de carence de trois jours avant tout versement d’indemnités journalières. Concrètement, aucune compensation ne sera versée pour ces absences courtes, et vous n’êtes pas tenu de la rémunérer, sauf si vous résidez en Alsace ou en Moselle (voir plus loin), ou si vous choisissez d’appliquer une solution d’arrangement.
Certains parents préfèrent d’ailleurs, lorsque cela est possible, transformer ces journées non travaillées en jours de congés supplémentaires ou de récupération, afin d’éviter une perte de salaire trop brutale pour leur assistante parentale.
Exception à la règle : en cas d’arrêt maladie lié au Covid ou si votre employée est déclarée « cas contact », la CPAM verse des indemnités sans délai de carence. Il vous faudra alors adresser le certificat de salaire à la CPAM dès que possible pour activer la prise en charge.
Arrêt de 4 jours ou plus, ou Covid/cas contact : la prise en charge démarre
Si l’arrêt maladie se prolonge au-delà de trois jours, ou s’il s’agit d’un arrêt pour Covid ou « cas contact », votre nounou sera indemnisée par la Sécurité sociale. Pour cela, chaque employeur impliqué (vous et, en cas de garde partagée, la cofamille) doit remplir un certificat de salaire. L’indemnisation démarre au quatrième jour, sauf pour les arrêts Covid/cas contact où elle commence dès le premier jour. Durant toute cette période d’absence, vous n’avez pas à verser de salaire.
3) Pour les arrêts supérieurs à 8 jours : vérifiez l’indemnisation complémentaire IRCEM
Lorsque le congé maladie dépasse huit jours, deux points sont à surveiller de près :
- Le certificat de salaire doit impérativement être complété et envoyé à la CPAM afin d’assurer l’ouverture des droits à indemnisation.
- Votre salariée bénéficie-t-elle d’au moins six mois d’ancienneté dans la branche des employés de particuliers ? Si c’est le cas, elle peut prétendre à une indemnité complémentaire versée par l’IRCEM. La demande se déclenche automatiquement via la CPAM, sans action supplémentaire de votre part : l’assurance complémentaire prendra le relais pour compenser la perte de revenu.
Dans ce contexte, le salaire n’est pas à votre charge. L’assurance maladie et l’IRCEM prennent le relais, évitant ainsi à votre employée une chute de ressources trop brutale.
4) Arrêt de plus de 30 jours : prévoir un rendez-vous médical avant la reprise
Si l’absence pour maladie excède un mois, l’étape médicale s’impose : avant toute reprise du travail, organisez une visite de reprise auprès de la médecine du travail. Cette rencontre vise à vérifier que votre nounou est apte à reprendre son poste, dans de bonnes conditions, et sans risque pour elle comme pour les enfants.
Nounous malades en Alsace-Moselle : une règle différente
Les habitants du Haut-Rhin, du Bas-Rhin ou de la Moselle sont soumis à un régime spécifique. Ici, en cas de maladie de votre garde d’enfants à domicile, le maintien de salaire est la norme :
- Vous versez 100 % du salaire pendant les trois jours de carence habituels de la Sécurité sociale
- Au-delà, vous continuez à compléter l’indemnité journalière de la Sécurité sociale afin que la rémunération atteigne 100 % du salaire habituel
La durée de ce maintien n’est pas précisément définie par la loi, qui parle d’une période « relativement peu importante ». Dans les faits, la jurisprudence estime que six semaines constituent une base raisonnable, mais cette durée peut varier selon l’ancienneté de l’employée et les circonstances particulières.
Maladie, congés payés et ancienneté : ce que prévoit la loi
Lorsqu’il ne s’agit pas d’une maladie professionnelle, la période d’arrêt maladie ne génère ni acquisition de congés payés, ni progression d’ancienneté. Toutefois, si l’absence reste inférieure à quatre semaines sur l’année, le droit aux congés payés de votre garde d’enfants demeure intact, calculé sur la base de 48 semaines travaillées. Elle cumule donc 2,5 jours ouvrables tous les 28 jours de travail effectif, soit jusqu’à 30 jours ouvrables, l’équivalent de cinq semaines complètes.
Rémunération pendant l’absence : comment procéder ?
Si la maladie de votre nounou la tient éloignée de votre domicile tout le mois, aucun salaire n’est à verser. Pour garder une trace administrative, il peut cependant être utile d’éditer une fiche de paie à zéro. Attention : dans ce cas, aucun remboursement de titre de transport n’est dû, même si elle possède un abonnement annuel.
Dès lors que la garde d’enfants a travaillé une partie du mois, le calcul du salaire s’effectue au prorata du temps réellement travaillé. Si elle a assuré une journée ou plus, et qu’elle présente son justificatif de transport mensuel en fin de période, le remboursement s’applique comme à l’ordinaire.
En résumé, absence maladie rime avec vigilance administrative et anticipation. Mais derrière les démarches, il y a surtout la volonté d’assurer une sécurité à la fois pour l’employée et pour la famille. Parce qu’un imprévu peut toujours frapper, mieux vaut garder ces réflexes à portée de main plutôt que d’improviser dans l’urgence.

