Le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein dépend de votre année de naissance, mais aussi du calendrier de votre départ. Avec la suspension partielle de la réforme des retraites inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, les paramètres changent selon que vous liquidez avant ou après le 1er septembre 2026.
Deux jeux de règles coexistent désormais, et un simulateur à jour est le seul moyen fiable de connaître votre situation personnelle.
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Durée d’assurance par génération : le tableau gelé par la suspension de la réforme
L’article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 suspend la montée en charge de la réforme de 2023 pour les pensions prenant effet du 1er septembre 2026 au 1er janvier 2028. Pour les générations 1964 à 1968, l’âge légal et la durée d’assurance requise sont gelés sur cette période.
| Année de naissance | Durée d’assurance (trimestres) – départ avant sept. 2026 | Durée d’assurance (trimestres) – départ sept. 2026 à janv. 2028 (gel) |
|---|---|---|
| 1962 | 169 | Non concernée (déjà à l’âge légal) |
| 1963 | 170 | Non concernée |
| 1964 | 171 (réforme 2023) | Gelée à la valeur pré-réforme applicable |
| 1965 | 172 (réforme 2023) | Gelée à la valeur pré-réforme applicable |
| 1966-1968 | 172 (réforme 2023) | Gelée à la valeur pré-réforme applicable |
Ce gel signifie concrètement que le mois de liquidation peut faire basculer le nombre de trimestres exigés. Un assuré né en 1964 qui liquide en octobre 2026 ne relève pas des mêmes paramètres que s’il avait liquidé en juin 2026. Après le 1er janvier 2028, la trajectoire initiale de la réforme reprend.
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Carrière longue et décret du 7 mai 2026 : des trimestres en moins pour certains profils
Le décret du 7 mai 2026 ajuste la durée d’assurance requise pour le taux plein spécifiquement pour les assurés en carrière longue nés en 1964 et 1965. Ce dispositif de départ anticipé existait déjà, mais les bornes ont été recalibrées dans le contexte de la suspension.
Deux éléments changent pour ces générations :
- La durée d’assurance cotisée requise pour bénéficier du départ anticipé est réduite par rapport au calendrier initial de la réforme 2023
- Les trimestres acquis au titre des enfants pèsent davantage dans le calcul de la durée d’assurance, y compris pour les mères avec des carrières hachées
- Un départ anticipé reste possible dès lors que l’assuré justifie d’un début d’activité avant 20 ans et d’une durée cotisée suffisante
Pour les personnes nées après 1968, le décret ne modifie rien à ce stade. Leur situation reste soumise aux paramètres de la réforme 2023, dont la reprise est programmée après janvier 2028.
Simulateur Mon estimation retraite : ce que la mise à jour 2026 intègre réellement
Le simulateur officiel « Mon estimation retraite », hébergé sur info-retraite.fr et développé par l’Union Retraite, a été actualisé pour intégrer la suspension de la réforme et les mesures de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il est accessible via votre compte retraite personnel.
Le simulateur calcule les différents âges possibles de départ en croisant votre relevé de carrière, votre année de naissance et les paramètres en vigueur à la date de liquidation choisie. La rubrique « Ma carrière » permet de visualiser l’ensemble de vos droits et de consulter votre récapitulatif (avec possibilité de correctif à partir de 55 ans).
Un point technique à retenir : le simulateur applique automatiquement le jeu de paramètres correspondant à la date de départ que vous sélectionnez. Si vous simulez un départ en novembre 2026, il utilise les règles du gel. Si vous simulez un départ en mars 2028, il bascule sur la trajectoire post-suspension.
Limites du simulateur officiel
Le simulateur ne prend pas en compte les revenus futurs hypothétiques avec précision. Il projette votre situation sur la base de vos derniers revenus déclarés. Les trimestres validés mais non cotisés (chômage, maladie, maternité) sont intégrés, mais leur poids dans le calcul du taux plein diffère de celui des trimestres cotisés, notamment pour le dispositif carrière longue.
Les simulateurs privés (banques, assureurs, sites spécialisés) peuvent proposer des projections complémentaires, notamment sur la retraite complémentaire à points. En revanche, seul le simulateur officiel est alimenté directement par les données des régimes obligatoires.

Taux plein sans tous les trimestres : la règle des 67 ans et la décote
Le taux plein n’est pas uniquement conditionné par le nombre de trimestres. À 67 ans, le taux plein est automatique quelle que soit la durée d’assurance. Cette règle n’a pas été modifiée par la réforme de 2023 ni par la suspension de 2026.
Entre l’âge légal et 67 ans, chaque trimestre manquant entraîne une décote sur la pension de base. Le calcul de la décote prend en compte le plus petit écart entre deux mesures :
- Le nombre de trimestres manquants par rapport à la durée d’assurance requise pour votre génération
- Le nombre de trimestres séparant votre âge de départ de votre 67e anniversaire
- Le coefficient de minoration est appliqué sur le taux de liquidation, ce qui réduit mécaniquement le montant de la pension
Pour une personne née en 1964 à qui il manque quelques trimestres, repousser le départ de quelques mois peut suffire à atteindre le taux plein sans attendre 67 ans. Le simulateur officiel permet de tester ces scénarios date par date.
Trimestres pour le taux plein en 2026 : ce qui compte avant de simuler
La coexistence de deux régimes de calcul (gel et réforme) rend la lecture des droits plus complexe qu’à l’habitude. Avant d’utiliser un simulateur, vérifiez que votre relevé de carrière est complet et à jour dans la rubrique « Ma carrière » sur info-retraite.fr.
Des trimestres manquants ou mal attribués faussent toute projection. Pour les assurés nés entre 1964 et 1968, le choix de la date de liquidation est devenu un paramètre stratégique à part entière.

