L’obligation de recherche d’emploi après 60 ans reste un sujet flou pour beaucoup de demandeurs d’emploi seniors. Depuis la suppression de la dispense automatique de recherche d’emploi, France Travail applique les mêmes règles aux inscrits de tous âges. Candidatures, actualisations mensuelles, convocations : un demandeur d’emploi de 60 ans est soumis aux mêmes exigences qu’un trentenaire, sans régime de faveur lié à l’âge.
Fin de la dispense de recherche d’emploi : comparaison avant et après
Le dispositif de dispense de recherche d’emploi (DRE) permettait autrefois aux chômeurs seniors de rester inscrits sans obligation active de chercher un poste. Sa suppression a profondément changé la donne pour les plus de 60 ans.
| Critère | Avant suppression de la DRE | Après suppression (règles actuelles) |
|---|---|---|
| Dispense automatique liée à l’âge | Oui, accessible dès 57-58 ans selon les périodes | Aucune dispense automatique, quel que soit l’âge |
| Obligation de candidatures | Levée pour les dispensés | Démarches régulières exigées pour tous |
| Actualisation mensuelle | Non requise pour les dispensés | Obligatoire, y compris après 60 ans |
| Convocations France Travail | Pas de convocation pour les dispensés | Convocations possibles à tout moment |
| Allègement possible après 62 ans | Non applicable (dispense globale) | Au cas par cas, sur dossier motivé, jamais automatique |
Ce tableau résume un changement de philosophie : aucun statut allégé n’existe simplement parce qu’on a passé 60 ans. Le principe d’engagement unifié s’applique à tous les demandeurs classés comme immédiatement disponibles.

Allègement de recherche d’emploi après 62 ans : conditions cumulatives
Passé 62 ans, la possibilité d’un allègement existe, mais elle ne fonctionne pas comme une case à cocher. France Travail procède à une appréciation au cas par cas, avec des conditions cumulatives strictes.
Pour qu’un allègement soit envisagé, le demandeur doit réunir tous les critères suivants :
- Avoir au moins 62 ans et des droits à retraite à taux plein atteignables à une échéance proche
- Percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) et être inscrit en catégorie 1, 2 ou 3
- Déposer un dossier motivé auprès de France Travail, qui conserve un pouvoir discrétionnaire sur la décision
Même lorsqu’un allègement est accordé, l’actualisation mensuelle et la possibilité de convocation restent maintenues. France Travail se réserve un contrôle régulier du dossier. L’allègement n’est donc pas une sortie du système, mais un aménagement partiel et réversible.
Durée d’indemnisation chômage des seniors : les règles depuis décembre 2024
Depuis le 1er décembre 2024, les règles d’indemnisation ont été modifiées. 8 mois de travail sur les 20 derniers mois sont désormais requis pour ouvrir des droits, contre 6 mois sur 24 auparavant.
La durée d’indemnisation a aussi diminué. Pour les demandeurs de moins de 57 ans, elle passe à 15 mois d’indemnisation. Au-delà de 57 ans, la durée s’établit à 22,5 mois, contre 27 mois dans l’ancien système.
Le passage à un calcul mensuel de l’allocation sur 30 jours fixes génère une perte estimée à 5 ou 6 jours indemnisés par an. Ce mécanisme technique passe souvent inaperçu, mais il réduit mécaniquement le montant total perçu sur la durée d’indemnisation.
Retraite à taux plein et fin d’indemnisation
L’ARE s’arrête dès que le demandeur atteint l’âge légal de départ à la retraite, sauf s’il ne dispose pas du nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein. Dans ce cas, le maintien des droits est possible jusqu’à l’obtention du taux plein, avec un plafond fixé à 65 ou 67 ans selon l’année de naissance.
Ce maintien n’est pas automatique non plus. Des démarches spécifiques auprès de France Travail sont nécessaires, et la justification du nombre de trimestres manquants doit être fournie.
Contrôle des demandeurs d’emploi seniors : ce qui se passe concrètement
Le contrôle des demandeurs d’emploi a connu une intensification marquée ces dernières années. Les seniors ne font pas exception. Un demandeur de 60 ans qui ne répond pas à une convocation ou ne fournit pas de preuves de recherche active s’expose aux mêmes sanctions qu’un demandeur plus jeune : radiation temporaire, suspension du versement de l’ARE.
Les preuves attendues par France Travail incluent :
- Des candidatures envoyées (courriels, courriers, captures d’écran de plateformes d’emploi)
- Des réponses reçues ou relances effectuées auprès d’employeurs
- La participation à des ateliers, formations ou actions d’accompagnement proposées par un conseiller
La difficulté pour les seniors réside dans le décalage entre les attentes formelles et la réalité du marché. Les discriminations à l’embauche liées à l’âge restent documentées, et les taux de retour à l’emploi après 55 ans sont significativement plus faibles que pour les tranches d’âge inférieures. France Travail exige des preuves d’effort, mais ne prend pas en compte la probabilité de succès de ces démarches dans son évaluation.

Bonus emploi senior et CDI senior : deux dispositifs récents
La réforme de décembre 2024 a introduit deux mesures ciblées pour les plus de 57 ans. Le bonus emploi senior vise à inciter les employeurs à recruter des demandeurs d’emploi seniors. Le CDI senior, de son côté, propose un cadre contractuel adapté.
Ces dispositifs restent récents et leur impact sur le taux d’emploi des seniors n’est pas encore mesurable avec recul. La réforme vise à améliorer l’emploi des seniors mais risque d’accroître leur vulnérabilité à court terme, en durcissant les conditions d’indemnisation avant que les mesures incitatives ne produisent leurs effets.
Le décalage temporel entre le durcissement des règles (immédiat) et l’effet attendu des incitations à l’embauche (progressif) constitue la donnée structurante de cette réforme pour les plus de 60 ans. Les obligations de recherche d’emploi s’appliquent dès maintenant, sans attendre que le marché du travail s’adapte.

