mercredi, février 1

La méthode Snoezelen en maison de retraite

98
person holding black and silver microphone

Utilisée en gériatrie, la méthode Snoezelen procure de nombreux bénéfices aux personnes âgées en perte d’autonomie. Qu’est-ce que la méthode Snoezelen ? D’où vient ce concept et en quoi consiste-t-il ? Quels sont les bénéfices pour les personnes souffrant notamment de la maladie d’Alzheimer ?

Qu’est-ce que la méthode Snoezelen ?

La pratique de la méthode Snoezelen se développe auprès des seniors, notamment dans la maison de retraite médicalisée Villa de Rimiez. Qu’est-ce au juste que cette approche destinée aux personnes âgées souffrant de troubles ou en situation de handicap ?

A lire en complément : Quelles sont les aides à l'embauche ?

D’où vient cette approche ?

L’expression “méthode de Snoezelen” n’est pas exacte car il s’agit davantage d’une approche. Ce concept trouve ses origines aux États-Unis dans les années 1960. Des psychologues américains placent des patients présentant des troubles du développement dans des espaces qu’ils nomment “cafétérias sensorielles”. Ces espaces sont destinés à stimuler tous les sens des patients, permettant ainsi une forme de communication.

Une grosse décennie plus tard, ce même concept est repris et développé par deux Hollandais, Ad Verheul, ergothérapeute, et Jan Hulsegge, musicothérapeute. Ils imaginent des lieux sécurisants et apaisants pour les patients présentant des maladies comportementales. Ces espaces favorisent la stimulation des sens, mais également le lâcher prise. La lumière y est tamisée. Une musique douce est diffusée et divers équipements permettent la stimulation de l’ouïe, de l’odorat, du toucher, de la vue et du goût.

A lire également : Pourquoi doit-on utiliser des perruques pour femme ?

man wearing brown trousers sitting on sofa chair

Quant à l’origine du terme Snoezelen, il s’agit de la contraction de deux mots néerlandais :

  • snuffelen que peut avoir comme traduction en français renifler, flairer, sentir. Il s’agit de la dimension la plus active puisqu’elle est à relier à la curiosité, la découverte ;
  • doezelen qui est tout l’opposé et renvoie à une dimension plus apaisante, plus sereine. Ce terme signifie en français adoucir ou somnoler.

Des troubles comportementaux à la gériatrie

La méthode Snoezelen est employée depuis plusieurs décennies dans le monde du handicap. Malgré cela, les publications dans le domaine de gériatrique sont très récentes. Les rares établissements qui mettent en place ce concept pour les personnes âgées qu’ils hébergent son avantage perçu comme s’inscrivant dans une démarche innovante jusque dans les années 1980.

En effet, en 1966, la cafétéria sensorielle de Ad Verheul et Jan Hulsegge est destinée à des personnes souffrant d’un handicap. Douze ans plus tard, toujours en Hollande, l’équipe d’un centre spécialisé dans les déficiences mentales placent des patients dans un environnement stimulant et apaisant. Face au succès rencontré, l’approche Snoezelen se développe à travers le monde. Toutefois, sa mise en place reste cantonnée au monde du handicap.

Ce n’est finalement que très récemment que le monde de la gériatrie s’est emparé de cette approche. Et même aujourd’hui, les maisons de retraite médicalisées sont peu nombreuses à la mettre en pratique au profit de leurs résidents.

Quels sont les bénéfices de l’approche Snoezelen ?

L’approche Snoezelen est source de bénéfices pour les résidents des maisons de retraite médicalisées, notamment ceux qui souffrent de la maladie d’Alzheimer.

En premier lieu, ces espaces sensoriels sont comme une bulle au sein de l’établissement. Ils permettent de créer une rupture et d’instaurer une respiration dans le quotidien de l’établissement. Il en va de même pour le personnel qui accompagne tous les jours les seniors souffrant de la maladie d’Alzheimer. Cette démarche s’inscrit donc dans une volonté d’améliorer l’accueil et le quotidien des résidents.

Ce n’est pas son avantage. La méthode Snoezelen contribue à un éveil et à une stimulation multi-sensoriels, tout en étant apaisante. Chez les malades d’Alzheimer, les comportements agressifs se font moins nombreux et moins fréquents. C’est une solution quand le personnel est sans réponse et se montre parfois désemparé face au comportement induit par cette maladie dégénérative.

Plus apaisée, la communication entre les encadrants et les résidents est bien meilleure, favorisant des relations plus posées et plus douces. Cette communication n’est d’ailleurs pas nécessairement verbale. Elle est souvent non verbale en raison de la pathologie et passe par une modification du comportement.

Tout ceci est bénéfique à la fois pour celles et ceux qui travaillent dans la maison de retraite médicalisée, mais également pour les résidents. Ceux qui pouvaient être à la marge en raison de leur comportement induit par la maladie d’Alzheimer retrouvent ainsi une place au sein de l’établissement et des autres résidents.